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Vendredi 10 Septembre 2010
Blog Jdbkha

Karima, son Emballage d’Origine (titre de son album et de l’une de ses chansons), ce serait plutôt la musique berbère Charentaise, et elle en reprend une berceuse en hommage à ses grands-mères sur fond d’étoiles, « Tizen » plus zen que 50cent. Mais sa mère l’a élevée dans un HLM, et pour confirmer :jouer avec cet autre préjugé des cités, elle aime donc aussi le Hip Hop d’ Eminem et slamme-rappe ses délires, ses colères, avec trop d’humour et de distance pour qu’on les prenne vraiment au sérieux. Mais fine mouche (des mouches du Kosh, son beatbox, y’en a eu deux),  elle a créé et conçu, cousu main des costumes de Scaramouche pour le théâtre, pour les autres, se taillant aussi d’autres identités locales façon Cabaret : Fréhel, Piaf et la gouaille Parigotte...

 

Tout cela et bien plus encore fait Karimouche.

Elle rêve des States aussi, est venue à Schiltig’Helm, de Beverly T’Hill près Lyon!

 

Elle est accompagnée de Kosh à l’human beat box très musicale, véritable seconde voix rythmique et batterie électronique et Jean-Pierre Caporossi aux claviers tous-terrains et choeurs.

 

Elle commence la journée et son concert avec «un p’tit kawa », petite musette humoristique et portrait gaiement désabusée de notre époque qui part en rap quant elle pense aux Assédics.

 

Il faut la voir sur scène raconter sa vie à toute allure, ce qui la rend incompréhensible pour introduire « Je parle Trop ».

 

Elle reprend Brel aussi, « Ces Gens-là », devenu « D’abord » () à sa manière infinitésimalement revisitée, modernisée (ils vivent des allocations, elle n’égorge pas de chats mais d’autres animaux), mais raccroche, recolle les morceaux, recouds l’original sur la couture de justesse juste avant qu’on aie autre chose qu’une impression, un sourire de connivence saluant ces différences...

 

Elle dédie Parasites à nos amis, avec Kosh à la réelle seconde voix scandant son chant, et au niveau de la mélodie du refrain une vraie émotion vocale, un swing à la Belle Du Berry.

Malgrè les apparences et son humour second degré, Karimouche est une vraie chanteuse, la clone de personne ni juste une clown ou juste en surface.

                                             

L’album est intéressant mais c’est vraiment sur scène qu’il faut la voir pour son sens de la broderie dans la transition, de la mise en scène qui amène les chansons qu’on connaissait avec un effet de surprise inédit, un sampling live d’effet spécial hérité d’Avatar (elle en a autant que de personnages à son actif) de « Tango » annonçant par trois fois Firmin, décrochage Fréhelien prenant le contre-pied du mythe de la gagneuse à la gouaille Parisienne, pas militant mais très pudique, écrite par Jacques Chambon (Merlin dans Kamelott) comme la précédente et celle qui suit un délire improvisé avec Kosh et JP qui finit en Hip Hop «On est les Nains...de jardin » sur un air de Shaggy : « Ché pas c’que j’veux » sur l’inconstance féminine supposée.

 

Après une critique du « Temps de cerveau disponible » télévisé, suit « L’emballage d’Origine » qui pourrait être sa profession de foi musicale et artistique : « Assure-toi qu’la cam’est dans l’emballage d’origine! ».

 

Enfin, son Raggamuffin Rock mériterait de supplanter d’autres débilités urbaines style Fatal Bazooka et l’ouvre complète de Diam’s et Vitaa auprès de la jeunesse urbaine (pas beaucoup dans la salle) qui se retrouverait dans sa copine nancy, midinette jouée d’une voix suraiguë.

 

En premier rappel (sans sortie au cas où), elle réalisa un fantasme : chanter en anglais au Parc Des Princes (traumatisée dit-elle, par les jeux de rôle d’une prof d’anglais qui voulait la faire appeler Diana). Mais là encore c’est du faux yaourt, parce qu’elle arrive quand même à placer des mots anglais comme « kitchen » ou «toilets » en fin de vers. Quand le besoin d’un ventilateur se fit sentir pour  donner à ses cheveux un négligé à la Britney Spear, Kosh s’y colla en soufflant dessus de l’ampli, puis elle s’invita sur scène en son prpore guest masculin crooner.  

 

En second Bis après sortie, ils revinrent pour une version très personnelle de « L’accordéoniste » de Piaf  slammée rappée/chantée par Kaerimouche et  remixée/beatboxée/relookée par Kosh.

 

Ecoutez et allez voir Karimouche, c’est ce qui est arrivé de mieux au hip hop musette depuis Java!

 

Jean Daniel BURKHARDT

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Commentaires  

 
0 #2 BURKHARDT Jean Daniel 2010-03-23 07:41 Merci Laura Zimmermann pour ce commentaire Strasborg-Dublin-Yonne.

Jean Daniel (jdbkha)
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0 #1 laura zimmermann 2010-03-17 14:55 C'est une ex-strasbourgeoise , vivant maintenant à Dublin, qui vous parle: Accourez tous voir Karimouche! Je l'ai entendue en concert dans l'Yonne et je l'adooore! Elle est extra, attachante, moderne, drôle, belle, douée.
Schmutz
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