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Samedi 31 Juillet 2010
Blog Jdbkha

jdbkha

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On n’aurait pu rêver mieux que ce sextet pour cet hommage au trompettiste Freddie Hubbard, disparu le 29 décembre 2008 à 70 ans, puisque Lionel Belmondo aux saxophone ténor, soprano et à la flûte et Stéphane Belmondo à la trompette et au bugle sont parmi les meilleurs émules du Hard Bop hexagonal et ont fréquenté Freddie Hubbard au Festival de Jazz de Nice. Ils sont accompagnés par Laurent Fickelson au piano, Sylvain Romano à la contrebasse et l’un des meilleurs batteurs européens, le belge Dré Pallemaerts, ainsi que le plus mélodieux des trombones modernes, Glenn Ferris en guest, né à Los Angeles mais qui vit en France depuis 30ans, et que les Belmondos virent pour la première fois quand Lionel avait quatre ans avec leur père, dans la formation de Don Ellis.

Ce sextet all stars est en effet rompu tant aux Hard Bop qu’aux ballades, qu’au Free et aux fusions Jazz-Rock ou Jazz-Funk que pratiqua Freddie Hubbard durant sa carrière, avec des qualités d’improvisation fougueuses, mais aussi des arrangements plus écrits foisonnants et aux fonds sonores sublimes hérités de l’Ecole Classique Française du début du XXème siècle (Lili Boulanger, Ravel) qu’ils ont éprouvées dans leur « Hymne Au Soleil », puis  dans « Influence » un album avec Yusef Lateef en 2005.

 

Comme lors d’un autre concert du même répertoire, ils commencent par « Blue Spirits », un titre enregistré par Freddie Hubbard à sa période Hard bop pour le mythique label Blue Note en 1964 sur le disque éponyme.  Le titre commence par un magnifique unisson des cuivres, puis sur la batterie, Lionel Belmondo joue une petite tournerie au soprano dans le style d’Eric Dolphy tirant le Hard Bop vers le Free Jazz  dans « Out To Lunch » ou de John Coltrane dans « Olé », deux disques auxquels participa Freddie Hubbard comme sideman. La luminosité limpide de Laurent Fickelson rappelle d’ailleurs celle de Mc Coy Tyner.

Mais par rapport au disque, les autres cuivres apparaissent plus présents tout au long du titre en fond sonore jusqu’à l’unisson final.

 

Suit une Bossa Nova Funky un peu à la Bolivia de Freddie Hubbard qui m’était inconnue, mais Freddie Hubbard est hélas plus connu pour ses collaborations prestigieuese comme sideman que comme compositeur et dans ses propres œuvres.

 

Un autre titre plus Hard bop rappelle les débuts de Freddie Hubbard chez Art Blakey et les Jazz Messengers entre 1960 et 1964, créateurs du Hard Bop « funky » à partir des rythmes de gospel ancestraux remis au gût du jour par le pianiste Horace Silver et « Opus De Funk ».

 

Stéphane Belmondo montra aussi sa part la plus sensible dans « Brigitte », dédié par Freddie Hubbard à son épouse, repris de la version avec cordes de « The Love Connection » avec Chick Coréa aux claviers et Al Jarreau au chant en 1979.

Mais comme chez Freddie, la ballade n’empêche pas les trilles vers l’aïgu ni le swing constant de la rythmique sur laquelle il surfe jusqu’au climax final.

 

Glenn Ferris semble comme en apnée, ne semble jamais reprendre d’air, comme Tommy Dorsey, qui respirait par un imperceptible trou à la commissure des lèvres, user de son instrument comme d’un périscope pour y respirer, et est vraiment le plus mélodieux des trombones, swinguant, funky, sensuel ou la coulisse menaçante selon l’occasion, mais capable aussi de rappeler les styles classiques ceux de la New Orleans ou de la période Swing, ou Bop.

 

Dré Pallemaerts se montra aussi d’une prodigieuse efficacité, assurant un soutien constant et épuré, il est de ces batteurs qui ne se mettent pas en avant mais SERVENT la musique des autres, compositeurs du répertoire ou musiciens sur scène, mais est aussi capable d’originalité et de modernités drum’n’bass, ou d’une simple ponctuation de cymbales des breaks de ses acolytes.

 

La période fusion Jazz-Funk mais ne perdant rien de la bonhomie Hard Bop de Freddie Hubbard dans les années 70s sur le label CTI, lorsque Sly Stone et James Brown eurent changé la donne de la musique afro-américaine, fut représentée acoustiquement mais de façon très énergique par son Red Clay, avec un solo de ténor fougueux pur Hard Bop Blue Note de Lionel Belmondo. Comme Miles Davis et Eddie Harris ou Roy Ayers, Freddie Hubbard sut suivre l’évolution de la musique noire du Jazz au Funk, mais ne s’économisant pas, ne pouvait plus jouer depuis quelques années.

 

Enfin, après un bis Hard Bop à la Blakey, ils terminèrent en troisième bis  par sa ballade la plus célèbre des années 70s, « Little Sunflower » pour la version chantée d’Al Jarreau. Quelque chose de beau, simple et spirituel comme l’air repli d’amour universel des années 70s et du Karma de Pharoah Sanders  Ma version locale favorite reste pour moi celle de Marya Valetta avec Steppah Huntah.

 

Merci aux frères Belmondo et leur sextette de continuer de faire vivre cette musique  et le VRAI Jazz, de faire en sorte qu’il soit encore joué sur scène. Lionel Belmondo, qui discuta avec le public après le concert, voit déjà plus loin, est optimiste : quelque chose va sortir de tout cela, même si rien ne sera jamais plus pareil. Il continue son travail d’arrangement des musiciens français du début du siècle dernier avec La Messe des Payuvres de Satie. Il arrive à concilier cette tradition française et le Jazz, ce qui est d’une rare ubiquité musicale.  Grâce à eux, ces musiques ne sont pas seulement une mémoire, mais vivantes.

 

Jean Daniel BURKHARDT

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Karima, son Emballage d’Origine (titre de son album et de l’une de ses chansons), ce serait plutôt la musique berbère Charentaise, et elle en reprend une berceuse en hommage à ses grands-mères sur fond d’étoiles, « Tizen » plus zen que 50cent. Mais sa mère l’a élevée dans un HLM, et pour confirmer :jouer avec cet autre préjugé des cités, elle aime donc aussi le Hip Hop d’ Eminem et slamme-rappe ses délires, ses colères, avec trop d’humour et de distance pour qu’on les prenne vraiment au sérieux. Mais fine mouche (des mouches du Kosh, son beatbox, y’en a eu deux),  elle a créé et conçu, cousu main des costumes de Scaramouche pour le théâtre, pour les autres, se taillant aussi d’autres identités locales façon Cabaret : Fréhel, Piaf et la gouaille Parigotte...

 

Tout cela et bien plus encore fait Karimouche.

Elle rêve des States aussi, est venue à Schiltig’Helm, de Beverly T’Hill près Lyon!

 

Elle est accompagnée de Kosh à l’human beat box très musicale, véritable seconde voix rythmique et batterie électronique et Jean-Pierre Caporossi aux claviers tous-terrains et choeurs.

 

Elle commence la journée et son concert avec «un p’tit kawa », petite musette humoristique et portrait gaiement désabusée de notre époque qui part en rap quant elle pense aux Assédics.

 

Il faut la voir sur scène raconter sa vie à toute allure, ce qui la rend incompréhensible pour introduire « Je parle Trop ».

 

Elle reprend Brel aussi, « Ces Gens-là », devenu « D’abord » () à sa manière infinitésimalement revisitée, modernisée (ils vivent des allocations, elle n’égorge pas de chats mais d’autres animaux), mais raccroche, recolle les morceaux, recouds l’original sur la couture de justesse juste avant qu’on aie autre chose qu’une impression, un sourire de connivence saluant ces différences...

 

Elle dédie Parasites à nos amis, avec Kosh à la réelle seconde voix scandant son chant, et au niveau de la mélodie du refrain une vraie émotion vocale, un swing à la Belle Du Berry.

Malgrè les apparences et son humour second degré, Karimouche est une vraie chanteuse, la clone de personne ni juste une clown ou juste en surface.

                                             

L’album est intéressant mais c’est vraiment sur scène qu’il faut la voir pour son sens de la broderie dans la transition, de la mise en scène qui amène les chansons qu’on connaissait avec un effet de surprise inédit, un sampling live d’effet spécial hérité d’Avatar (elle en a autant que de personnages à son actif) de « Tango » annonçant par trois fois Firmin, décrochage Fréhelien prenant le contre-pied du mythe de la gagneuse à la gouaille Parisienne, pas militant mais très pudique, écrite par Jacques Chambon (Merlin dans Kamelott) comme la précédente et celle qui suit un délire improvisé avec Kosh et JP qui finit en Hip Hop «On est les Nains...de jardin » sur un air de Shaggy : « Ché pas c’que j’veux » sur l’inconstance féminine supposée.

 

Après une critique du « Temps de cerveau disponible » télévisé, suit « L’emballage d’Origine » qui pourrait être sa profession de foi musicale et artistique : « Assure-toi qu’la cam’est dans l’emballage d’origine! ».

 

Enfin, son Raggamuffin Rock mériterait de supplanter d’autres débilités urbaines style Fatal Bazooka et l’ouvre complète de Diam’s et Vitaa auprès de la jeunesse urbaine (pas beaucoup dans la salle) qui se retrouverait dans sa copine nancy, midinette jouée d’une voix suraiguë.

 

En premier rappel (sans sortie au cas où), elle réalisa un fantasme : chanter en anglais au Parc Des Princes (traumatisée dit-elle, par les jeux de rôle d’une prof d’anglais qui voulait la faire appeler Diana). Mais là encore c’est du faux yaourt, parce qu’elle arrive quand même à placer des mots anglais comme « kitchen » ou «toilets » en fin de vers. Quand le besoin d’un ventilateur se fit sentir pour  donner à ses cheveux un négligé à la Britney Spear, Kosh s’y colla en soufflant dessus de l’ampli, puis elle s’invita sur scène en son prpore guest masculin crooner.  

 

En second Bis après sortie, ils revinrent pour une version très personnelle de « L’accordéoniste » de Piaf  slammée rappée/chantée par Kaerimouche et  remixée/beatboxée/relookée par Kosh.

 

Ecoutez et allez voir Karimouche, c’est ce qui est arrivé de mieux au hip hop musette depuis Java!

 

Jean Daniel BURKHARDT

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Si vous n’êtes pas Bulgare ou spécialiste de la musique bulgare, peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de la gadulka, vielle bulgare en forme de poire proche du rebec médiéval ou de la vielle rebab d’Afrique du Nord, et du kémenché turc et asiatique à trois cordes frottées faisant vibrer d’autres cordes sympathiques (que ne touchent pas l’archet, mais entraînent les autres cordes)...

 

Si vous êtes Strasbourgeois, et au courant de la scène locale en Musique Traditionnelle, vous connaissez peut-être cet instrument grâce au groupe Boya,  trio formé en 2001, mené par le joueur de gadulka et chanteur bulgare Dimitar Gougov venu à Strasbourg du Nord Est de la Bulgarie pour suivre des études de chef de chœur), avec  le percussionniste autodidacte Etienne Gruel (Maliétès)  (également membres du Grand Ensemble de la Méditerranée, et de sa version électrique Electrik GEM au sein de l’Assoce Pikante , l’une des plus actives dans la région) et la pianiste d’influence classique Nathalie Tavernier.

 

Après un premier album « Devoïko » en 2005 , ils ont sorti « Ispaïtché » l’an passé, avec le chœur de l’Ensemble Plurielles (avec qui on pourra les voir en concert le 14 mars à 17 h au Tanzmatten de Sélestat, avec  et des invités (Jean-Christophe Kaufman de Dagobert et La Bande Adhésive  à la guitare et Gilles Chabenat à la vielle à roue électro acoustique non conventionnelle, presque Jazz Rock).

 

La scène est décorée de masques oniriques en ombres chinoises de vache, personnage à chapeau mou, bouquetin et chouette effraie ajoutent  un peu de la vie rurale Bulgare pour faire couleur locale ou illustrer plus encore leur univers onirique.

Après deux thèmes vifs en introduction, ils continuent avec Ispaïtché, danse d’hommes lente au caractère ample et majestueux, illustré par un film d’animation de leur ami Renaud Perrin. Sortant de la main sonnante du sort et de son chapeau mou, le personnage y évolue  dans les pierres, actionne les ailes, tourne comme un hamster et tombe dans les yeux de toupie atomique roulants d’une chouette effraie, œil de la caméra à pattes, s’enfuit dans une forêt où les pierres ont des yeux en forme de noix et les terriers des arbres des oreilles, y plonge en chute libre dans l’œil cinématographique de la chouette, son ombre dans sa chute est rattrapé par la main... Bel univers onirique, poétique, répondant à la forte intensité dramatique de la musique.

 

Nous partons ensuite pour le Sud Ouest de la Bulgarie avec « Mitro Le Mitro », chanson en 7/8 de la région de Pirin, proche de la Macédoine et de la Grèce. Déjà enregistrée par le trio sur Devoïko et connue du public local, elle a été réarrangée  pour l’Ensemble Plurielles et Gilles Chabenat de manière plus enlevée par Dimitar Gougov pour Ispaïtché, tout en gardant le rôle central de la gadulka. Les traditions musicales bulgares sont riches des musiques de ses frontières communes avec la Turquie, la Yougoslavie, la Grèce et la Roumanie qui en fait un creuset de musiques entre Orientales, Balkaniques, Tziganes ou Egéennes.

 

Introduit par Nathalie Tavernier à la Keith Jarrett, ils poursuivent avec « Vidinsko Horo », air à danser de la ville de Vidin, sur les bords du Danube, au Nord–Ouest de la Bulgarie, proche de la frontière Roumaine. Le piano, plus en avant, a pris plus de place rythmique dans ce second album rappelant un peu le style du pianiste Bojan Z, ayant appris le répertoire au cours des années de scènes et de jeu collectif du groupe qui séparent les deux disques. La  gadulka rappelle un peu dans ses aigues celles des violons tziganes.

 

Le percussionniste Etienne Gruel  joue du daf iranien et du bendir berbère (grands tambours sur cadre d’Afrique du Nord), usant également de leurs clochettes et d’une cymbale, et du tapan (grosse caisse de fanfare des Balkans) jouée debout et portée en bandoulière... Il joue également de la cajon sur laquelle il est assis, derrière ces grands tambours, d’où un effet de surprise confondant obtenu par un effet de battement entre l’intérieur du tambour et cette caisse de bois.

 

Enfin, sur un des titres, il joua du zarb, derbouka iranienne, dont il a pu observer les leçons de Pablo Cueco , l’homme qui sortit cet instrument de la musique traditionnelle iranienne pour en faire un instrument de Jazz avec le clarinettiste Denis Colin. Il l’avait en effet invité à Strasbourg à la Citadelle avec Mirtha Pozzi et en solo pour le Festival Strasbourg Alsace Percussions qu’il organisa avec son ami le percussionniste Afro-cubain  Jimmy Braun, depuis Toulousain.

 

Le titre éponyme du premier album de Boya, « Devoïko », histoire d’amour malheureuse, avait déjà inspiré au vidéaste Renaud Perrin un premier film d’animation, également projeté pendant ce titre, où le jeune homme au chapeau mou, parti au-delà des mers, retrouve en rêve sa bien-aimée puis revient au pays.

Autre titre du premier album, « Aïdé Iano », classique serbe, bien connu, est présenté avec humour par Dimitar Gougov comme l’ « histoire d’un couple dans la misère. Mais en Bulgarie, on se dit / »Puisqu’on a déjà tout perdu, autant faire la fête ».

 

Après bien d’autres chansons  des deux albums et « Vidinsko » en bis, ils furent applaudis par un public conquis.

 

On a pu depuis revoir Dimitar Gougov à L’Artichaut puis au concert Zénith for Haïti avec Boya, mais aussi avec son autre trio, Les Violons Barbares avec le Mongol Enkh Jargal à un autre violon méconnu, la vielle Morin Khoor aux cordes de crinière de cheval et au Chant diphonique, amusant dans ses introductions et remerciements gutturaux dans les graves, et reprenant « Purple Haze » de Jimi Hendrix en chant diphonique, et Fabien Guyot, batteur plus urbain, Jazz et Rock habitué des batteries de cuisines et autres fûts... L’album devrait sortir en mai.

 

Jean Daniel BURKHARDT

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    Quoique ville de province du Nord-Est de la France, Strasbourg, si elle ne peut rivaliser avec Paris sur ce point, a eu et a toujours une scène Jazz locale, où les principaux courants du Jazz passé, présent, voire futur, sont représentés, des classiques aux plus contemporains.

    Lors de son dernier « Strasbourg Jazz Festival », son directeur Harry Lapp, également collectionneur de journaux anciens, disait avoir trouvé dans les Nouvelles D'Alsace un article relatant la venue du grand trompettiste de Jazz Louis Armstrong à la Salle des Fêtes dans les années 20s, où il avait joué pour quatre cent  personnes.

     Strasbourg accueillit donc les Jazzmen américains, et eut sa section du Hot Club de France créé par Hugues Panassié aux débuts du Jazz avant-guerre. L’exclusion de Strasbourg du Hot Club de France en 1955 « because un certain concert de Chet Baker » (relaté en des termes hilarants par Boris Vian -qui n’appréciait guère le trompettiste- en Janvier 1956) en ces temps où la guerre faisait rage entre les figues moisies, Anciens défendant le Jazz New Orleans et Swing et les Modernes raisins verts, zazous partisans du Be Bop et de Charlie Parker. Cela montre aussi que Strasbourg se plaçait plutôt du côté des Modernes, même si Chet Baker, qui venait alors de se séparer de Gerry Mulligan,  était alors un partisan du Cool Jazz et de la West Coast, mais jouait aussi les compositions plus originales de Bob Zieff, et venait de perdre son pianiste Dick Tardzwick à Paris.

     Mon père m’a relaté avoir vu Memphis Slim au Kibitz et y avoir croisé Johnny Hallyday alors au service militaire en Allemagne dans les années 60s,. mon oncle vit Dizzy Gillespie et Duke Ellington, entre autres.

    La palme de l’ancienneté reviendrait  à un groupe de New Orleans/ Dixie Land, les Célestins, tenu depuis les années 60s par les frères Issenmann, et qu’on pourra voir en concert le 5 février prochain à la Médiathèque d’Illkirch à 19 h.

 

     Le Swing  fut longtemps porté à bout de bras par le pianiste Jean-Michel «  Old Papy » Delune (décédé en 2007) et ses Young Swingers avec Michel Viès au saxophone, le plus Lesterien des saxophonistes de la région, aussi capable Latin Jazz dans le style de Sonny Rollins. A l’époque, à chaque concert de Jazz quel qu’en soit l’intutilé et l’endroit, je les trouvais sur scène, le batteur Martial Muller (qui avait quelque chose de Claude Nougaro). Je me souviens de les avoir vus au Griot (Club près de la Place Broglie dans les années 90s) avec Cécile Bonacina, qui jouait des saxophones baryton (disparaissant presque derrière l’instrument), alto, soprano et sopranino, bref tout ce que ne jouait pas Viès et qui finissait leurs interprétations par des solos hard-bop tirant sur free, Viès hochant tristement la tête comme pour dire : « c’était bien la peine de bâtir une si belle architecture pour qu’elle fiche tout par terre !), mais elle était le grain de folie de l’orchestre, son électron libre, puis partit enseigner à La Réunion.

      Plus tard, les Young Swingers se produisaient les dimanches après-midi au Pub D’Austerlitz (devenu le Xanadu) avec des formations changeantes par roulements : avec la chanteuse Janice Lee, avec le guitariste Eric Soum, excellant tant en Jimmy Rainey que dans le rôle de Tal Farlow sur les tempos latins,  avec Michel Viès et parfois l’excellent jeune trompettiste Haut-Rhinois Eric Theiller, qui faisait en ces dimanches un duo fameux avec Viès, avec un côté West Coast Mulligan/Baker ou Getz/Baker, changeant le Pub en une sorte de Lighthouse à Los Angeles, où d’après Chet Baker, les baigneurs/euses Hollywoodiennes arrivaient en maillot de bain de la plage d’Hermosa Beach la serviette sur l’épaule et restaient jusqu’au bout de la nuit. Evidemment, le climat n’est pas le même. Il leur fallait aussi lutter contre le public du Pub, parfois imbibé ou pire encore, les plus jeunes braillant « RRRRock’N’RRRRoll » au moindre Boogie-Woogie (ce qui mettait Jean Michel « Old Papy » Delune hors de lui, lui qui détestait le Rock’N’Roll et le Jazz modrene, mais en jouait parfois porté par les autres sans l’avouer ensuite, bien sûr!) et moi-même refaisant l’histoire du Jazz!  Finalement ça donnait un côté boxon ou Jook Joint, Saloon Jazz assez pittoresque.

                   

Et personne ne joue plus « Cute de Neal Hefti pour Count Basie comme Old Papy.  C’est là qu’un dernier hommage lui fut rendu par le meilleur pianiste Boogie Woogie/ chanteur de Rock’N’Roll de la région, Jimmy Bock (ex Rythm Checkers, le Rockeur historique de la région qui a joué en France ou en Allemagne avec les  plus grands Rockeurs américains, dont Chuck Berry au Palais des Congrès). La relève est assuirée par son fils Manu Bock et son saxophoniste Pascal Kempf, dans le style Rythm’n’Blues. Les Young Swingers se produisent encore en le dernier dimanche de juillet lors de la fête de l’école de musique et du quartier de Cronembourg, où enseigne Michel Viès.

      Le Big Band à la Count Basie est encore très bien représenté par le Big Band de Bischeim (BBB) ( ) qui se produit régulièrement avec l’ensemble vocalese Les SoloSix et la chanteuse Jazz et scatteuse Cécile Solin. Le tromboniste Guillaume Nuss y a été à bonne école pour le jeu collectif, puis a fondé le groupe de Jazz funkamètrique Ozma et La Fanfare en Pètard, fanfare déjantée de la région.

 

     Le Jazz manouche hérité de Django Reinhardt est très présent dans la région, dont sont issus Biréli Lagrène, Tchavolo Schmitt, l’accordéoniste Marcel Loeffler et son petit cousin guitariste Yorgui Loeffler, et pour la nouvelle génération Dino Mehrstein (fils du guitariste et bon chanteur en romanès Sony Reinhardt) qui mêle Jazz Manouche et Bossa Nova ou jazz funky. En poussant jusqu’à Barr, on peut aussi trouver Engé Helmstetter qui allie Jazz manouche, Bossa Nova, musiques Tziganes et un beau brin de voix dans ses propres chansons. Hélas, faute de lieux, ils ne jouent pas très souvent chez nous. Dino Mehrstein et Yorgui Loeffler doivent être ceux qu’on peut voir le plus dans la région. L’Association « Terres et Musiques Tziganes essaie d’organiser un festival chaque été, dans la lignée du Festival International Tzigane de la Citadelle qui n’a plus lieu.

    

     Je tiens du percussionniste de Dino Mehrstein entre autres Simon Pomarat () que Chet Baker se produisit au Lazy Bird, club tenu par Philippe Ochem (pianiste et directeur de programmation Jazz de Pôle Sud, et du festival Jazzdor qui se tient en novembre et accueille le Jazz Contemporain d’Europe et d’ailleurs) dans les années 80s peu avant sa mort, mais n’était pas d’humeur à discuter, et parlait plus avec sa musique et a toujours été plutôt taiseux.

     Le Lazy Bird était devenu Le Café des Anges quand j’arrivai à Strasbourg en 1989. J’y ai des souvenirs de mes premières jam-sessions effrénées (Jammez le Mardi) entre Pascal Pallamidesi () au piano (créateur du Funambule, où je n’ai jamais été, mais dont Patrick Genet m’a dit monts et merveilles,  et qui continue d’en faire dans un pub d’Offenburg qu’il a racheté près de la Reithalle), Anne List à la contrebasse (qui accompagne maintenant Silvia B Paris), Roby Glod au saxophone alto encore très parkerien et soprano à la Steve Lacy, le guitariste Laurent Stoutzer en firent les belles nuits, et le Café Des Anges resta un paradis musical pendant toutes les années 90s, abritant à partir de 1997 la Salsa des DJs Salsero Bouba, puis Guillermo et DJ Timbalero en haut et dès 1991 les soirées Acid Jazz de DJ No Stress puis El Gilson, Tal Stef  et Pablo Valentino en son caveau, le plus funky en ces temps-là.

 

     A l’arrêt des concerts Live et des Jams au Café des Anges, c’est au Piano Bar (devenu Jeannette et les Cycleux) qu’on pouvait écouter la scène Bop/Hard Bop locale : Pascal Pallamidessi et  Anne List toujours (parfois relayée par Biréli Lagrène à la basse électrique aux heures les plus tardives), et les jeunes musiciens du CEDIM (Centre Européen D’Improvisation Musicale) :  Christophe Imbs était  l’un des rares émules, comme pianiste acoustique, du Troisième Courant de Lennie Tristano dans la région.

   Erwin Siffer, fils de Roger, était influencé par Herbie Hancock et le second quintette de Miles Davis, mais restait concerné par l’actualité, saluant l’invasion américaine de l’Irak d’un Gis dans la steppe.

Benjamin Moussay, lauréat du Concours Jazz de La Défense, était capable de parcourir toute l’étendue  du clavier d’un geste dans un solo, puis est parti à Paris et passé ensuite au fender rhodes et au Jazz Rock/Electro  avec Swimming Pool).  

Le saxophoniste Mickaël Alizon était très Hard Bop à la Dexter Gordon, et est toujours en activité, un peu plus Néo Bop, avec son album Les Sentiers du Crabe.

Alizon et Moussay ont été des membres de l’Orchestre Régional de Jazz (ORJA) puis du Jazztet du guitariste Bernard Struber qui réarrangea Frank Zappa.

        Philippe Leclerc était, plus Free Jazz et très fier de sa version iconoclaste de « Bye Bye Black Bird » à la Albert Ayler, mais disparut prématurément en 2006 après avoir été membre du groupe Jazz Rock  Virage Vanguard et d’un trio très original, Ostinato avec Nathalie Oertel, excellente chanteuse post-standard.

       On y voyait aussi le pianiste et clavièriste Grégory Ott aux transes Salsa (il joue aussi avec Sonando  sous le nom Greg « Candela » Ott) ou Groove (au fender rhodes avec le groupe Moglaz d’Anne List), ou Jazz Rock avec le groupe Panoramic Blue des frères Grandcamp. Grégory Ott a sorti cette année avec son trio (Franck Bedez à la basse électrique funky et Matthieu Zirn à la batterie)  son nouvel album « Ojeada », et son élève Vincent Bidal vole déjà de ses propres ailes 

      Le batteur Thomas Laedlein étonnait par son style aux breaks  peu conventionnels et riches en bombes,  et avec le contrebassiste pilier de l’endroit Gérald Muller et le guitariste Adrien Dennefeld, ils  ont depuis monté l’Aleph Quartet.

Tout ce beau monde s’est retrouvé ensemble dans le Charles Mingus Little Box en hommage au contrebassiste au Préo d’ Oberhausbergen.

     Autre saxophoniste, Franck Wolf (également membre de Sonando), est capable de jouer des Bossas Novas à la Stan Getz,  a créé avec Michaël Alizon un quartet de saxophones ambitieux, straSax ( ) et un trio original, Triophone puis a rejoint le dernier Gipsy Project de Biréli Lagrène.

  

      On aurait tort d’oublier Christophe Mougenot d’Illkirch, excellent saxophoniste Hard Bop capable de ballades sublimes.

   

     Tromboniste de Sonando, Pascal  Beck est lui aussi un grand improvisateur, compositeur et arrangeur dans les musiques latines, participe avec Ghislain Muller (http://monsite.wanadoo.fr/vibraphone/page1.html) au VSP Orchestra (pour vibraphones, trompes alpines et conques marines) (http://www.myspace.com/vsporkestra ) et a aussi monté un groupe de Jazz Funk, Greenstuff (http://www.myspace.com/greenstuffband ).

 

     Le trompettiste Serge Haesler (Bernard Struber Jazztet, Sonando, VSP Orchestra) a créé un quartet Electro Hip Hop, ZéroKlub (http://www.myspace.com/zeroklub), où il a un rôle à la Erik Truffaz

 

        Philippe Aubry (http://le.bruit.free.fr/autre_orchestre.htm) est certainement le meilleur émule d’Albert Ayler dans la région, très engagé politiquement et investi dans l’improvisation libre , qu’il décline en fanfare avec L’AutreOrchestre ou Le Bruit qu’ça coûte, avec la batteuse très moderne Yuko Oshima (http://www.myspace.com/yukooshima ), qui se produit aussi avec Eve Risser (http://www.myspace.com/rissereve), émule de Carla Bley dans Donkey Monkey (http://www.myspace.com/yukooshima)  Le clarinettiste basse Jean Marc Foltz s’oriente davantage vers les musiques contemporaines.

     Christine Clément (http://www.myspace.com/christineclement) est une chanteuse très créative avec son groupe « Jazz-Wave » Polaroïd 4 (http://www.myspace.com/polaroid4) avec Christophe Imbs passé avec le millénaire aux claviers et dans une démarche plus Jazz-Rock/Electro, Francesco Rees (qui ont créé un duo Jazz Rock Garage, « Chip » (http://www.myspace.com/chipduo)) et Vincent Posty à la basse. Elle a également un duo avec le batteur  Pascal Gully (pilier du Jazz underground avec Zakarya (http://www.myspace.com/zakaryacontact ), premier groupe français produit par John Zorn sur Tzadik à Stimultania et ailleurs) « To Catch a Crab » (http://www.myspace.com/tocatchacrab), qui cherche une maison de disques.

 

      Dans les groupes plus jeunes plus influencés par le Jazz Free ou improvisé et les Musiques Nouvelles dans la lignée de Julien Lourau, mais de bonne facture, on peut remarquer La Poche à Sons (http://www.myspace.com/lapocheasons) avec Jean Lucas (http://www.myspace.com/jeanlucas) au trombone qui devrait bientôt sortir son second album, et La Machinerie (http://www.myspace.com/lamachinerie) qui ouvre le répertoire au Free Groovy plus  méconnu de l’Art Ensemble Of Chicago, Sun Râ et assimilés.

       Parmi les formations issues du Jazz tirant vers la fusion Rock, Funk ou Electro ayant éclos récemment, on peut citer le Jazz Funkamétrique d’Ozma (http://www.myspace.com/ozmajazz) qui les a amenés jusqu’en Inde et bientôt en Afrique, et  l’ElectroFunk’N’Roll d’Enneri Blaka (http://www.myspace.com/enneriblaka ) qui tournent partout ailleurs que chez nous.

         Dans la tendance Nu Jazz Hip Hop/Electro, on peut remarquer Nu Tropic (http://www.myspace.com/nutropic ) avec le flûtiste Jazzamar qui explore l’alliance des tropiques Brésiliens et Cubains,  Steppah Huntah (http://www.myspace.com/steppahhuntah ) et leur délicieuse chanteuse Jazz Soul  Slovaque Marya Valetta (http://www.myspace.com/maryavaletta ), la plus belle voix Soul Jazz de la région qui est revenue à un style vocalese à la Lambert Hendricks & Ross plus traditionnel dont elle est l’une des rares représentantes à Strasbourg dans Sixtease (http://www.myspace.com/sixteasejazz) avec Martial Muller à la batterie (ex-batteur des Young Swingers), très proche de Shelly Manne. Porté par Eli Finberg et le beatbox hallucinant  Rhum’One, Art District (http://www.myspace.com/sixteasejazz ) est un bon groupe mêlant Hip Hop et Jazz à la manière d’Hocus Pocus.

       Le seul lieu à proposer encore une Jam Session hebdomadaire est L’Artichaut (http://www.lartichaut.fr/), où l’on peut entendrele jeudi selon les semaines le guitariste américain Rick Hannah (http://www.myspace.com/rickhannahtrio ), Christophe Imbs ou Erwin Siffer, et même aux heures tardives le seul trompettiste encore capable de vous tirer les larmes sur une ballade comme Chet Baker ou Clifford Brown, Léon Terjanian.

      La Jam mensuelle du Molodoï (http://www.molodoi.net/programme.php) peut être intéressante par son ouverture au Jazz Rock, au Funk, aux musiques latines ou au slam, selon les musiciens présents, un peu comme à La Grotte avant que les groupes n’y arrivent déjà formés pour faire leur publicité.

      Le Café des Anges propose les Anges Live les mardis (http://www.myspace.com/lesangeslive) et les Mercredis Du Live .

     Le Cheval Blanc de Schiltigheim et Pôle Sud sont les principales salles de concert à programmer du Jazz, mais pas forcément de la région.

     Les principaux Festivals sont Jazzdor (http://www.myspace.com/jazzdorstrasbourg ) en novembre, Marckolswing à Marckolsheim (19 et 20 mars 2010) (http://marckodrom.free.fr/marckolswing/Accueil.htm),  le Strasbourg Jazz Festival fin juin, et si l’on pousse plus loin, on trouve le Festival « Au Grés des Jazz » de La Petite Pierre et  le Munster Jazz Festival créé par Michel Hausser (vibraphoniste émérite de la région depuis 50 ans qui est revenu au pays dans les années 70s) où l’on trouvera le Jazz le plus proche de ses racines Swing ou Bop autour du 15 août.

      Ici comme ailleurs, ce sont des histoires de rencontres musicales, d’affinités électives et d’évolutions musicales qui ont fait et font encore le Jazz, et le maintiennent vivant.

 

Jean Daniel BURKHARDT

 

        

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On connaît bien Alex Bianchi dans la région de Strasbourg et au-delà, chanteur et guitariste généreux à la voix profonde et caverneuse qu’on a pu entendre avec la Space Family , puis en duo avec leur dernier contrebassiste Marco Schmitt-Garcia dans le duo les Bredelers, et maintenant sur le net, dans vos salles, et bientôt dans vos bacs le 8 février sous son propre nom, toujours avec  Marco-Schmitt-Garcia (qui a co–composé certains titres), mais aussi de nombreux invités pour son premier album « Silence On Pense » enregistré lors d’une tournée de ce duo nomade à travers toute l’Europe.

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La guitare crépite et carillonne au réveil d’électricité funky/ rock, mais la voix coule et reste Cool sur le premier titre, entre la/sa nature généreuse et la conscience de la modernité du monde, qui ne pourra jamais la corrompre.

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Sa voix gorgée de Soul est accompagnée de choristes Gospel sur un rythme plus funky (qui a fait le succès de la Space Family ) à la manière du Black& Blue des Rolling Stones, mais est critique vis-à-vis des travers de notre monde dans Ils cherchent, sur ceux qui se perdent dans les rencontres sur internet ou la publicité et finissent bien déçus du résultat de leur course consumériste, ou plus jazzy et primesautier, revenant sur ces 3 mots difficiles à dire quand il y a des « nœuds sur la corde sensible » avec un guitariste de Jazz local, à la manière ancienne de Wes Montgomery, suivis de scats agiles des musiciens, petit plaisir permis par ce plus petit comité, comme Bonjour La Nuit souhaitant Bonjour à la Nuit et  la bonne nuit au jour...

                                                               

Autre influence, le Reggae, roots à l’ancienne dans La Nonchalance , d’un bel idéalisme regrettant la perte de la nonchalance, l’insouciance, la tolérance et l’insolence avec l’innocence même à l’adolescence des « petits vieux de vingt-cinq ans » devant la « subsistance tortionnaire » qui nous force à la dureté, avec le chanteur de Reggae de Lyon, Saidreaed (qui bientôt l’invitera en retour sur son album Peace Partout) posant son flow coulant comme celui d’Anis.

                                                                

Souvenir de la Space Family, mais qui n’y avait pas trouvé vraiment sa place dans le premier album,  Silence, On pense donne son titre à l’album, pimentée d’un accordéon cajun zydéco, et montre Alex Bianchi concerné par le sort des prisonniers politiques qu’on bâillonne, mais nous appelle aussi à la vigilance démocratique et à la défense  de nos libertés, et à ne pas nous endormir sur les lauriers de la République ou face au racisme ordinaire, alors que Chut,  un reggae funky de Roberdam (Ravi’D’Vous Revoir) appelle le jeune producteur très occupé Bianchi à se calmer et les énervés  de la circulation urbaine qui feraient, eux, mieux de se taire. Bianchi répond à Roberdam par Petit Soiffard, ballade de l’ivresse qu’on cherche faute d’ailleurs et d’autre horizon, mais on n’a qu’à suivre les choristes sirènes rieuses et les cordes de la guitare et pour se retrouver à Hawaï.

                                                               

D’origine Italienne, grandi dans le quartier Italien de Strasbourg, Alex Bianchi a aussi, avec des amis d’origine italienne de générations plus ou moins lointaines, traduit Per Tanto, une de ses chansons écrite pour une interprète, en italien.

                                                         

Espérance Song, Blues du matin radieux  plein d’espoir au slide à la Ry Cooder est déjà connu du public des Bredelers et de la Stammtisch du Caf’Conc, mais rehaussé là encore d’un solo à la manière de l’harmonium portatif Pakistanais.

                                                                

La reprise de l’album, Manon est plus connue dans le Sud de la France que sous nos froids climats, reprise avec son auteur, Balmino  du groupe Kabahn qui fait un peu penser à Mano Solo, et habille d’une bohême plus actuelle après Gainsbourg l’héroïne de l’Abbé Prévost, fille facile mais victime émouvante et libre.

                                                           

Depuis quelques temps, Alex Bianchi s’est installé au vert au pied des Vosges, et pose son regard critique sur ses premiers de la classe, sa Centrale, ses forçats, sa ruralité taiseuse et ses miséreux pour qui le lien social est un mirage dans Y’a plus de soleil.  

                                                            

Si Dieu critique avec ses choristes gospel les croyances religieuses quand elles amochent les femmes ou provoquent la guerre et l’intégrisme et ose demander Si Dieu était une femme, Qui crierait au scandale ? sur des cordes indianisantes. Ce serait plus joli c’est sûr, et il y aurait plus de gens à l’église et moins inutilement, car la compassion est leur apanage...

                                                          

Enfin après Adieu, poursuivez jusqu’à l’A Bientôt,  ghost song cachée derrière qui vaut qui vaut le coup d’oreille pour sa flûte jazzy 60ies/70ies à la Sweet Smoke, ses percussions et son côté pop psychédélique sur une bonne guitare funky et de belles cordes.

                                                           

Les textes d’Alex Bianchi et ses musiques variées vous donneront pêche, espoir et de bonnes résolutions que vous n’auriez pas rêvées vous-mêmes en ce début d’année où nous en avons bien besoin.

Jean Daniel BURKHARDT

 

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